
La formulation du titre suit un ordre qui sonne bien à l’oreille. En réalité, ce que je vais dire, sans confusion ni exagération, fait partie de ma vocation en tant que personne. Il s’agit simplement de mon itinéraire vocationnel. Ce serait correct, même sans partager tous les contours de ma vie. Olivier Okito Zanga est mon nom acquis auprès de ma famille, dont le père est Jean-Paul Okito et la mère, Angélique Lusanga. Quatre enfants sont nés d’eux, dont je suis l’aîné depuis l’aube du 07 février 1994. J’ai fait mes études primaires et secondaires dans ma ville natale de Kikwit, dans le diocèse du même nom, notamment au Collège jésuite Sadisana, en République démocratique du Congo. Après avoir obtenu mon diplôme en 2013, c’est la même année que j’ai commencé mon expérience vocationnelle chez les Missionnaires Clarétains. Aspirant à rejoindre cette institution religieuse, j’ai participé aux retraites et sessions de formation organisées par l’équipe en charge de la pastorale des vocations à l’époque. Et des premiers missionnaires clarétains que j’ai rencontrés, sont les Pères Robert Ndjoli et Aimé-Césaire Metena, cmf, et le Frère Beaudouin Mwanangulu, cmf, l’attrait immédiat a été leur engagement au service de l’évangélisation dans notre diocèse, comme prêtres et frères, bref, comme missionnaires. J’ai compris dès le début que la Congrégation était composée de frères, de diacres et de prêtres, suivant les enseignements que nous avions reçus.
Admises au pré-postulat, cinq d’entre nous ont commencé leur parcours dans la congrégation en 2014. Et c’est en 2015 que, déjà quatre candidats, nous avons commencé notre postulat par des études de philosophie à l’Université Saint Augustin de Kinshasa (USAKIN). De cette expérience de postulat, qui a couvert divers aspects de la vie académique, religieuse et communautaire, j’ai pu me forger un chemin enraciné dans l’essentiel du Christ Seigneur, à travers l’exemple de Marie et de Claret, et dans le travail bien fait.
Dans les brumes de ces premières études de philosophie, domaine qui n’était pas forcément lié à mes études secondaires où j’ai étudié les Mathématiques-Physiques, j’ai pu mieux m’adapter en profitant des conditions offertes par la maison de formation connue sous le nom de Scolasticat Père Claret (à Kimbondo, Mont-Ngafula), et du travail d’équipe en tant que promotion que nous formions. En tant que candidat Frère, je me suis retrouvé dans ce groupe, composé en grande partie de candidats prêtres. Avec l’appui de nos différents formateurs, dont les Pères Melchiade Luputu, Michel Mambulau et Tryphon Bimbangu, cmff, je me suis forgé une personnalité dans l’équilibre qui nous était offert et une grande liberté pour faire le choix religieux qui me convenait.
C’est en 2018, à la fin de nos études de philosophie, que mon choix a finalement été renouvelé et conforté au cours de plusieurs discussions avec le supérieur majeur, alors Révérend Père Joseph Mbungu Mutu, cmf, et selon notre rythme de formation. Nous nous sommes ensuite rendus en Guinée équatoriale pour apprendre la langue espagnole en vue du noviciat et de la mission à laquelle il prépare et ouvre inexorablement les missionnaires. De 2018 à 2019, cette expérience linguistique m’a ouvert l’esprit à une autre culture dans cette vaste » Afrique des cultures « , pour respecter l’expression de nombreux lettrés de notre continent. M’ouvrir à la culture espagnole à travers le terreau populaire de la Guinée équatoriale a été un grand avantage. De là, j’ai rencontré le seul frère missionnaire, Angel, qui a partagé avec moi son expérience missionnaire dans ce pays, et les défis que, selon lui, notre congrégation a dû affronter et affronte encore. L’un de ces défis était de réévaluer la vocation des frères en présentant le charisme intégral, la mission et la composition des membres de notre congrégation. Ce défi me semble encore plus pertinent aujourd’hui qu’il y a cinq ans.
De plus, mon expérience du noviciat a été l’une des plus belles que j’aurais aimé répéter s’il le fallait, et avec plaisir. La raison en est claire : c’est au noviciat que j’ai entrepris un cheminement intérieur à la rencontre du Christ expliqué et décliné dans notre charisme et notre spiritualité, qui sont d’une compétence exemplaire et d’une plénitude contemplative modèle. De plus, j’ai pratiqué, plus concrètement au noviciat, un travail sur moi-même autour du témoignage de vie comme premier outil efficace d’évangélisation missionnaire. La conscience d’être » lieutenant du Christ en tant que frère « , selon l’expression que j’ai retenue de notre maître des novices, le Père José Milam Oyana, cmf, est ce qui a caractérisé mon engagement missionnaire dans tout ce qui m’a été demandé, dans les apostolats (scolaire et paroissial en l’occurrence) et surtout auprès des jeunes.
Le 12 septembre 2020, notre première profession religieuse a eu lieu à Bata (Guinée Equatoriale). Après cette étape, conformément à la décision du Supérieur Majeur et de son Conseil, je suis rentré au Congo pour commencer mes études de spécialisation en Médecine à l’Université Protestante du Congo (UPC), basée à Kinshasa, tandis que mes trois autres confrères (Fabrice, Georges et Ghislain, candidats prêtres) embrassaient chacun une destination pour leur théologie. Mon expérience à l’Université Protestante du Congo a été assez différente de celle de certaines de nos universités catholiques à vocation spécifique (formation de religieux, missionnaires, prêtres, etc.), comme notre USAKIN d’origine. A l’UPC, le programme est plein de choses quotidiennes. Je vais au cours tous les jours, de 8h30 à 17h30. Certains jours, nous n’avons qu’un seul cours sur l’ensemble de la journée, tandis que d’autres jours, nous avons deux cours, le premier de 8h30 à 12h30 et le second de 13h30 à 17h30, séparés par une heure de pause. Lorsque le soir tombe et que les cours sont terminés, je dois rentrer chez moi, ce qui implique beaucoup de gymnastique dans le difficile système de transport de Kinshasa. Lorsque j’arrive à la communauté de Curia, chaque jour est le même ou presque, je suis fatigué et épuisé, porté par d’innombrables embouteillages que je dois négocier et surmonter malgré tout.
Il va sans dire que j’assume ces « deux vies » dans mon expérience professionnelle : dans la communauté, je respecte le rythme tout en répondant aux exigences déjà élevées de l’Université. Dans notre communauté de la Curie, je suis secrétaire et administrateur de l’économe (je le supplée). Le travail correspond à notre mode de vie : Messe avec Laudes le matin, suivi du petit déjeuner, suivi de quelques petites tâches quand je pars à l’université. Le soir, nous avons les vêpres suivies d’un repas communautaire, dans un cycle constant.
Quant à l’université, dans notre promotion, nous sommes sept consacrés (quatre moniales, deux religieux et un prêtre diocésain. Notons que je suis le seul frère) parmi tant d’autres étudiants non-consacrés. Je voudrais souligner la collaboration qui existe entre les autres et nous, consacrés, dans cette structure protestante très hétérogène, qui fait apparaître la différence comme une richesse. Bercés par le respect des autres pour ce que nous sommes (consacrés), c’est l’accent mis sur le témoignage de vie que nous, et moi en particulier, sommes soucieux de ne pas perdre. C’est ainsi qu’au milieu de ce gigantesque oasis dans lequel il est facile de se perdre, je me suis taillé une personnalité plus résistante pour être clarétain et en témoigner sans honte, par une fidélité créative dans la maturité.
En définitive, si mon désir d’être missionnaire clarétain se réalise, le rester dans ces contextes est un processus et toujours une grâce que j’implore au Seigneur. Brûlant de charité, je pourrai alors enflammer mes proches avec l’amour du Christ et réussir cette expérience de vocation et de spécialisation, avec le souci de la mission et en répondant aux défis de la Congrégation et de notre Délégation.
Kinshasa (RDC)
Août 2024







